articles de presse
Rubrique CULTURE / LIVRES
LE MAURICIEN du 20 mars 2009.
______________________________________
Maurice peut inspirer un voyageur qui sait prendre son temps, observer et
s’imprégner du cœur d’une île. On pourrait penser qu’Albert Champeau a réussi à toucher le secret de notre île, grâce aux quelques années qu’il y a passé.
Dans son premier livre, Sentiment tropical sur l’infime, Albert Champeau nous parle de Maurice avec fantaisie, humour et détachement. Edité chez BSC Publishing, cet ouvrage rassemble des
nouvelles que la Réunion et surtout Maurice ont inspiré à son auteur. Ces petits textes souvent très bien tournés paraissent criant de vérité et ressemblent plus à des témoignages qu’à de la
fiction.
Pour celui qui vit à Maurice, les personnages et situations décrites dans son île semblent directement inspirés de cette réalité visible pour celui qui prend le temps de regarder à côté de lui et
tout autour.
Albert Champeau a de l’humour et de la tendresse pour les personnages et les
situations qu’il décrit, un rien de préciosité aussi qui agrémente la lecture, une pointe d’ironie pour certains faits dont l’absurdité devient ahurissante quand elle est bien rendue.
C’est un écrivain voyageur qui nous livre ces morceaux de choix sur les îles mascarines. Il en parle en ces termes au dos de son livre : « Même là-bas au bout du monde, il s’agit toujours de
nous. Les décalages, la distance, ou le fait que d’autres vous soient mis en scène, et ainsi disséqués, n’atténuent en rien la morale de l’histoire. Même si les voyages forment la jeunesse, ce
serait un lieu commun que de rappeler l’inutilité de se fuir. On resterait toujours, ce que l’on était : maladroit, timide, psychotique ou libidineux. Le mérite de traiter des autres favorise la
digestion, surtout que la pilule est toujours amère, et on voit tellement mieux chez les autres… reste ensuite le meilleur de la démarche : ramener à soi la science acquise, tel Ulysse qui a fait
un beau voyage ».
Peut-être est-ce le secret de ce recueil de pensées et de témoignages que de raconter des petites histoires qui montrent les humains dans leurs ébats, leur ridicule, leur drôlerie, leur tendresse
et leur bêtise, à travers des agissement tout à fait universels mais amenés dans un contexte culturel qui respire notre île, sa langue, ses paysages et ses senteurs.
Albert Champeau ne dit pas combien de temps il a séjourné à Maurice et à la Réunion. Ce voyageur né au large des Baléares qui éprouve une fascination pour les îles, se dit « établi un peu partout
dans le monde, comme une diaspora allumée ». Il a gardé de délicieux souvenirs de notre pays qui transparaissent dans son livre, où il décrit des gens simples que l’on croise chaque jour au coin
de la rue et dans les quartiers.
L'express Magazine
19 janvier 2009 - Rubrique culture
__________________________________
Albert Champeau : infini, intime, infime.
« Ne rien rater. Des carcasses de pistaches, des cendriers en fer blanc aux armoiries d'une boisson gazeuze, des "rognures d'ongle en deuil, toute une palette haute en couleurs, riche en résidus". C'est son Maurice à lui qu'Albert Champeau fait ruisseler dans les nouvelles de "Sentiment tropical sur l'infime". Des tableaux où le sens de l'observation y est aigu, le sens de l'humour aiguisé. Ceux d'un ressortissant français actuellement installé à Toulouse qui a vécu quelques années chez nous et à la Réunion. Le souvenir, l'éloignement qui n'ont fait qu'éperonner une plume qui va droit à l'essentiel. Qui égratigne. Agençant les images e telle façon que les natifs n'ont aucune peine à reconnaître ni les lieux ni les personnages. Le tout en deux-trois pages. Car le plus difficile dans l'art de la nouvelle c'est de maîtriser l'art de la brièveté. Ce qu'Albert Champeau réussit avec brio."